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Utilisation d’outils liés à la caractérisation moléculaire, à l’analyse systémique des différents intervenants (producteur, abattoir) et à la géomatique pour l’identification des principaux vecteurs et sources de contamination par les indicateurs bactériens et viraux à la ferme et à l’abattoir 

Chargée de projet


Ann Letellier, Chaire de recherche en salubrité des viandes, Université de Montréal, Faculté de médecine vétérinaire, Saint-Hyacinthe (Québec)  


Objectif du projet

Identifier les vecteurs et les sources de contamination microbienne chez les troupeaux et dans les abattoirs à l’aide d’outils géomatiques, systémiques et génomiques   


Résumé du projet  

La littérature scientifique contient très peu d’information concernant les sources de contamination à l’extérieur de la ferme. Dans ce projet, nous avions proposé une intervention sur la route allant de la ferme à l’abattoir comme premier pas pour mieux comprendre les sources de contamination et les liens entre les intervenants pour ce qui est de la contamination. Ce premier pas aidera l’industrie à améliorer les mesures de biosécurité non seulement à la ferme, mais aussi à chaque étape de la chaîne alimentaire. L’amélioration de la biosécurité constitue un moyen garanti d’accroître la rentabilité et la durabilité à long terme de l’industrie. Une biosécurité efficace à la ferme et dans l’industrie est extrêmement importante pour réduire le risque d’introduire ou de propager des maladies animales. Les résultats de ce projet seront très utiles à l’industrie canadienne du porc, puisque nous avons cherché à déterminer quels sont les déplacements principaux et le trafic liés aux fermes et aux abattoirs à l’intérieur d’une région donnée. À l’aide d’indicateurs microbiens, de données géospatiales (GPS) ainsi que de l’analyse et de la caractérisation des interactions entre intervenants, nous avons aussi cherché à déterminer les sources de contamination les plus importantes de même que les étapes ou les pratiques et attitudes associées à un risque accru de contamination. Nous informerons confidentiellement, à la fin du projet, tous les maillons de la chaîne alimentaire de l’industrie du porc au sujet de l’impact que chacun d’eux a sur la propagation de la contamination; nous leur ferons des
recommandations visant à réduire le risque et nous leur demanderons de s’impliquer dans le processus de sécurité alimentaire, qui est une exigence prioritaire pour maintenir la qualité marchande et la compétitivité.   


Réalisations importantes

Le réseau étudié inclut un abattoir, dix fermes, des camions de transport d’animaux, un fournisseur d’aliments, un vétérinaire, des techniciens et des installations d’élimination des carcasses ou de la viande (un équarrisseur). Nous disposons de résultats préliminaires sur les indicateurs
viraux et bactériens.
 
Indicateurs viraux
 
Les résultats préliminaires ont mis en évidence plusieurs foyers de contamination fécale dans le réseau. Les génotypes de souches virales seront maintenant caractérisés, puis assortis aux données géospatiales. Une fois obtenus, les résultats finaux complets devraient fournir des options
possibles pour atténuer la dissémination des pathogènes dans les réseaux de production de porcs.
 
Indicateurs bactériens
 
Salmonelles
Dans les fermes, les résultats préliminaires ont indiqué que le débarcadère, suivi des équipements mobiles (les panneaux, les balances, les pelles...), était le meilleur endroit pour détecter la contamination par les salmonelles. Ce à quoi servent les équipements mobiles (manipulation
des porcs et de leurs déjections) s’avère très similaire aux activités qui ont lieu à la réception des porcs au débarcadère. Nous avons trouvé des salmonelles dans huit fermes. Nous avons aussi prélevé des échantillons à divers endroits sur les garde-boues des camions. Des salmonelles ont
été détectées dans 71 % des échantillons provenant de la doublure de caisse des camions, ce qui en faisait l’endroit le plus contaminé. Les résultats des échantillons prélevés dans la cour de l’abattoir ont montré 15 types différents de salmonelles, les plus courants étant Salmonella typhimurium et Salmonella infantis. La détection de Salmonella typhimurium était considérablement plus élevée dans les endroits liés à la livraison des animaux et à l’élimination des carcasses. Ces résultats préliminaires originaux seront examinés du point de vue de la biosécurité dans un réseau abattoir-ferme où nous avons constaté que les véhicules étaient le vecteur de la contamination par les salmonelles en quittant la ferme et à l’arrivée sur la ferme.
 
Escherichia coli
Les résultats préliminaires indiquent qu’Escherichia coli stx1 (shigatoxine du groupe 1) a été trouvé sur divers objets et rails à l’abattoir, mais rarement dans les fermes. Cette souche d’Escherichia coli est rare chez le porc, mais courante chez les bovins et autres ruminants. Sa présence à l’abattoir pourrait refléter la contamination de vecteurs mobiles en
contact avec ces espèces animales. La surveillance de ce facteur pourrait indiquer une transmission depuis l’abattoir jusqu’aux fermes associées.
Nous disposerons de plus de résultats à la fin du projet.

Documents associés
De nouveaux outils pour améliorer la biosécurité - Bulletin Octobre 2014 (en anglais seulement, il sera disponible en français prochainement)